Chanson de la Nuit

 

 

Toi

Le corps pétri du lourd qui fait l’Eternité

Tu dors…

Tandis que moi

Je m’en vais caresser les étoiles au-dessus

Dans la nuit alanguie de mes amours déçus

Je surfe et je m’enivre des parfums lactés

Que je bois et je vois dans mon ciel occulté

 

Toi

Au sommeil végétal ronflant du canapé

Tu dors…

Tandis que moi

Chevauchant la Licorne mon amie rêvée

Dans la nuit je déploie mon étendard doré

Aux Quatre Vents des Sables où mon rire sauvage

Se cabre hirsute et jaillit dans l’éclat d’orage

 

Toi

Jolie baleine échouée sur la rive des draps

Tu dors…

Tandis que moi

Au clair de ma fortune j’ai dressé la voile

Et mon bateau fend l’eau guidé par une étoile

Puis par le chant ami des îles incertaines

Qui adoucit au cœur des naufragés leurs peines

 

Toi

Moi

Au matin tout recommencera.

Publié dans Musique & poésie | Laisser un commentaire

De la musique à la chanson – 2ème

 
Je renvoie à mon billet qui portait le même titre, que vous trouverez au mois de septembre 2008, ou bien directement à l’adresse ci-dessous (copier-coller dans la barre de navigation) : http://anthonypace.spaces.live.com/blog/cns!80BAFD1FF16A14B3!182.entry
 
Levy-Strauss rattache, dans sa définition, la musique à la fonction de communication qu’elle porte intrinsèquement ("la musique est le langage moins le sens").
Voici ce qu’écrit Khalil Gibran dans "La voix de l’éternelle sagesse" :
 
"J’étais assis auprès de celle qu’aime mon coeur et écoutais ses paroles. Mon âme se mit à vagabonder vers les espaces infinis où l’Univers m’apparaissait comme un rêve et le corps comme une étroite prison.
La voix enchanteresse de ma Bien-aimée pénétra mon coeur.
C’est cela la Musique, ô mes amis, car je l’ai entendue dans les soupirs de celle que j’aimais et dans les paroles que murmuraient ses lèvres.
Par les yeux de mon ouïe, j’ai vu le coeur de ma Bien-aimée."
 
De la naissance de la musique dans l’impuissance des mots à exprimer à l’autre l’intensité de son amour. Qui n’a pas vécu cet instant n’a sans doute pas connu l’amour plein.
Ce qui me conduit à définir la musique comme non pas "le langage moins le sens", mais "le langage au-delà du sens" : quand le sens des mots n’y suffisait plus, l’humain a inventé la musique pour résoudre son intangible besoin de communiquer.
 
Notez au passage qu’ici, on se prend à restreindre (involontairement ?) à la musique amoureuse : mais n’est-ce pas au fond toute la musique ? Même dans les chansons, faites l’exercice ; j’ai fini par me dire que la Marseillaise est une chanson d’amour de la patrie.  Le Déserteur, de Boris Vian, c’est pas de l’amour ? Pas si évident… C’est dans les chansons pour rire que je me pose le plus la question, mais ne fait-on pas rire son prochain par amour ?
Ou alors, lisez dans tout ça le prisme ingénu de ma pauvre pensée naïve.
Publié dans Musique & poésie | Laisser un commentaire

Echo au billet précédent

J’ai repensé à un texte poétique de Khalil Gibran : "La voix de l’éternelle sagesse", qui complète bien le sens de ma réflexion précédente sur l’accomplissement de soi (voir mon billet "La vie de Toulouse-Lautrec"). Je le cite tel quel :
 
"
"Le monde qui avance avec toi est ton coeur, qui est le monde lui-même. Et l’Homme, que tu condamnes à la médiocrité et à l’ignorance, est le messager de Dieu qui est venu apprendre la Joie de la Vie à travers le chagrin et acquérir la Connaissance par l’ignorance."
Ainsi parla la Sagesse, puis elle posa une main sur mon front brûlant et dit :
" Continue d’avancer. Ne t’attarde pas. Marcher de l’avant, c’est aller vers la perfection. Avance, sans craindre les épines ou les pierres aiguisées sur le sentier de la Vie."
"
 
Voilà, en 3 phrases la synthèse de plusieurs de mes billets :
  • L’homme est le messager de Dieu ==> cf "Prière à Jésus, pas à Dieu"
  • Acquérir la Connaissance par l’ignorance ==> cf le billet sur le Tao.
  • Marcher de l’avant, c’est aller vers la perfection ==> cf le billet "La vie de Toulouse-Lautrec".

Je vous conseille ce livre, poétique, qu’on trouvera peut-être, les jours de cartésianisme féroce, un peu cucul-gnangnan, comme peuvent l’être à force les livres de Tahar Ben jelloun par exemple. Mais il est plein de phrases qui réchauffent, et je pourrais en remplir mon aphoriscope.

Publié dans les Humains, les autres et moi | Laisser un commentaire

La vie de Toulouse-Lautrec

 
Toulouse-Lautrec et Vincent Van Gogh se sont croisés. Lautrec est infirme, une maladie dégénérative lui brise les os, lui déforme le visage et le corps, et c’est au bordel qu’il s’installe et qu’il vit, au milieu de ses soeurs en misère, là où tous les masques tombent et apparait la vraie pâte humaine. Mais Van Gogh et Lautrec font de cette souffrance vécue et terreau de leur peinture deux objets, deux destinées différentes. Voici ce qu’en écrit Henri Perruchot :
 
"A trente-trois ans, [Vincent Van Gogh] a subi toutes les misères et les abandons. Il ne dessine que depuis six ans, ne peint que depuis quatre. La faim au ventre, la passion au coeur, il a erré dans les plaines du Nord. Lui aussi, comme Lautrec, il a été acculé à son destin de peintre. Il aurait souhaité une existence normale, ce qu’il appelle mélancoliquement "la vraie vie". Mais, impossible ! Lui aussi, comme Lautrec, il est un exclu. Ce n’est pas lui qui rirait des jambes de l’infirme. Il sait trop les âpretés du sort, son atroce ironie. Tout ce qu’il a tenté a échoué. Même l’amour lui a été refusé, même l’amour le plus banal, le plus médiocre. Lui aussi, comme Lautrec, il est un homme que les femmes n’aiment pas. Les filles à deux francs, les bordels, voilà son lot. Il soupire, renâcle, et il va, emporté par la force explosive qui est en lui, et qui le mènera il ignore où, l’âme pleine d’un immense amour dont personne ne veut.
A cet amour, à cette commisération qui bouleverse Van Gogh devant tout ce qui souffre, Lautrec ne s’associe pas plus qu’il n’adhère à l’humanitarisme de Bruant. Lautrec ne s’attendrit sur aucun être, fût-ce sur lui-même. Aussi implacablement qu’il se regarde il regarde les autres. Il ne condamne ni n’approuve : il observe. Il ne juge pas : il analyse. Il élude le sentimental autant qu’il demeure par nature indifférent aux morales. Il ne veut que surprendre la vie dans sa nudité, rien d’autre. Si les toiles de Van Gogh sont effusion, les siennes sont connaissance. Van Gogh est charité. Lautrec est lucidité."
 
Mais, tous deux mûs au fond par "le même irrémédiable désespoir qui chez l’un comme chez l’autre attise cette ardeur et les rend ce qu’ils sont", ils finissent leur vie à trente-sept ans, dans une déroute physique extrème.
 
Pour ma part, j’en conclue que l’art, ou en tout cas la peinture, n’est pas la solution qui pourrait permettre à l’homme de supporter le tragique de sa condition. Si solution il y a, au fond, à travers toutes les lectures et tous les points de vue que je ressasse, je ne la vois que dans la recherche de la solution, jamais dans la solution elle-même. C’est ce qui permet, par essence, à toute religion adorant une divinité de conserver un attrait. C’est l’oeuvre de Montaigne, dont l’objet est de se préparer à mourir, sans jamais l’accepter vraiment. Sacha Guitry rapporte cette lettre de Monet qui écrivait en substance : "me voilà enfin rétabli d’une semaine de mauvaise maladie, je vais pouvoir me remettre au travail" : Monet avait alors plus de 80 ans !
En art de la guerre, on dit que la survie est dans le mouvement. Je pense qu’il en est de même en art de la pensée : la survie est dans l’activité incessante et la recherche du mieux, malheureusement pas dans son contact.
La recherche de la solution, pas la solution elle-même : c’est ce qui permet de dire d’un humain qu’il a tout raté et réussi sa vie.
Publié dans les Humains, les autres et moi | Laisser un commentaire

Prière à Jésus, pas à Dieu

Salut à toi Jésus, salut à toi petit homme
Je chante ta louange et je loue ton chant
Chant des hommes
Chant de l’inaccessible humanité
Outil de la pédagogie parfaite
Tu n’as créé ni le ciel ni la terre
Ni la beauté ni l’amour
Ni la peur de l’enfer ni la peur du langage ni la peur de l’image
Ni la souffrance ni la passion
Mais de tout cela tu t’es servi
Et de tout cela tu te sers
Pour enseigner à tes frères humains
La loi fondamentale de l’être et de l’agir :
Humain, fais de ton cas particulier
La voie du juste cas général
La voix du juste cas général
Vincent hier soir Thérésa avant toi Augustin bien avant
Jésus Pierre Gandhi Emmanuelle Albert
Humains du temps façonné et choisi
Je me prosterne anéanti impuissant
A la demonstration divine de votre
Révolte
 
Ainsi soit-il.
 
Publié dans les Humains, les autres et moi | Laisser un commentaire

ma version préférée de « Petite fleur », Sidney Bechet

J’ai caché, mieux que partout ailleurs,
Au jardin de mon coeur, une petite soeur,
Cette fleur, plus jolie qu’un bouquet,
Elle garde, en secret,

Tous mes rêves d’enfant,
L’amour de mes parents,
Et tous ces clairs matins,
Faits d’heureux souvenirs lointains,

Quand la vie par moment me trahit,
Tu restes mon bonheur,
Petite fleur,

Sur tes vingt ans,
Je m’arrête un moment,
Pour respirer,
Ce parfum que j’ai tant aimé,

Dans mon coeur, tu fleuriras toujours,
Au grand jardin d’amour,
Petite soeur…

Publié dans les Humains, les autres et moi | 1 commentaire

un déjeuner chez des amis

Je tiens à prévenir mes amis : si vous m’invitez, ne pariez pas avec moi sur le récit que je peux faire de nos agapes, il m’arrive parfois de déformer la réalité par le seul souci d’en faire une lecture amusante.

On le sait, l’enfer est pavé de bonnes intentions. Tout commence toujours par une occasion banale, une attention sympathique. Là, ce fut le cas également. Me voici donc arrivé à l’appartement des mes hôtes : une fois le document remis et la satisfaction du devoir accompli, j’aurai pu m’éclipser dignement après les salutations d’usage, et reprendre le cours d’une journée plutôt paisible jusque là. Mais voilà comment les dieux se jouent des convenances et du confort des hommes : on m’a proposé de rester à déjeuner, et la compagnie des amis primant sur bien des avatars, j’ai évidemment accepté, sans méfiance.

Je ne dis pas que j’ai passé un mauvais moment, bien au contraire ! D’ailleurs j’ai toujours aimé le tracking, l’ambiance camping sauvage conservera toujours pour moi ce charme frais des instants partagés autour du feu de camp, à peine suffisant pour réchauffer nos carcasses affaiblis par la pluie froide et le vent glacial, quand nous sommes si peu pressés d’aller nous glisser dans un sac de couchage encore humide de notre dernier chavirement en canoé (si si, ça chavire un canoé). Alors, quand j’ai compris qu’on allait déjeuner avec notre assiette qui naviguera de la table basse du salon (et parfois je me félicite de n’être pas bien grand…) jusqu’à la stabilité toute relative de nos genoux, d’autant plus relative qu’on est assis en tailleur, j’ai presque ressenti cette pointe de nostalgie affectueuse au souvenir des temps anciens. Allons, si j’avais su je ne me serais pas rasé, ça aurait fait plus typique.

Pour l’assiette, je voyais à peu près comment ça allait se passer. Pour les verres c’était plus difficile. La première étape fut d’en trouver trois, puisque nous étions trois. Après quelques explorations infructueuses, mon hotesse se résolut à ne pas boire. Les mathématiques ont leur désagrément. La deuxième étape fut donc de trouver deux verres, mais propres. Fort heureusement, l’architecte des lieux avait pensé à tout, et à l’aide d’un robinet accessible et en fonctionnement, qui nous provisionna généreusement en eau potable – ou en tout cas réputée telle – nous sûmes passer le cap. La bonne surprise fut de boire du Loupiac en apéritif : voilà une attention exquise, dont la gentillesse me permit de ne pas m’arrêter au fait qu’il était chaud :o(

Une fois les ustensiles divers à peu près équitablement répartis (je soupçonne que le communisme est né dans un appartement étroit le jour où le 1er invité est arrivé), est venu le temps de cuisiner. Une fois les provisions passées en revue, il s’avéra que le choix était possible entre du riz à l’eau, ou de la purée de pommes de terre lyophilisée. Passé le moment d’admiration sur l’économie autarcique de moyens dont mes hôtes sont capables, et après les avoir félicités de ne pas céder aux comportements alimentaires incohérents de notre grand frère américain, unanimement, nous optames pour la purée. Mais voyez comme les dieux s’acharnent, malgré notre humaine obstination à vouloir trouver la vie agréable : au bout de dix minutes supplémentaires, il fallut se rendre à l’évidence que sans lait, la purée était quand même moins tentante. Dans cet esprit fraternel qui réunit les hommes autour des grandes décisions, nous nous rabattimes sur le riz. Fort heureusement, le sel ne manquait pas, et l’architecte des lieux avait intelligemment assuré l’arrivée électrique nécessaire à la cuisson de l’eau qu’il s’était employé à nous faire parvenir. Merci à lui.

Le corps étant ce qu’il est, à savoir notamment protéinique, mon hotesse conçut le projet audacieux d’agrémenter le riz de quelques batons pré-formés de couleurs saumon-beige, l’emballage avançant tout de même le label de "saucisses". Après diverses péripéties, dont je n’ai pas suivi tous les détails, dans le souci de respecter la vie privée de mes hôtes, et malgré quelques inquiétudes lorsque le maître des lieux se mit à quatre pattes pour chercher loin loin sous le frigo un objet qui, je l’espère encore, n’eut qu’un contact très distant avec mon assiette, nous nous retrouvames autour de la table basse, avec le riz d’un côté, les batons chauds de l’autre, et, après tant d’effort, le plaisir de la Cène dans tout ce qu’elle a de cérémoniel.

Une fois écartée, uniquement pour des considérations de bien-séance esthétique, l’idée de manger le riz avec les doigts et les batons encore gluants d’amidon en les trempant dans les précieux grains blancs, le repas se déroula sans encombre. J’entrepris même par jeu – est-on enfant dans ces moments – de participer à la récolte des grains de riz que mon hotesse, dans un geste charmant mais hasardeux, avait pris soin de disséminer partout sur la moquette.

Malheureusement, les meilleures choses ont une fin : au vu du délai que l’ensemble des opérations évoquées ci-dessus avaient nécessité, je dus prendre congés sans toucher au yaourt qui m’était proposé, mais en même temps avec l’heureux bonheur de faire une bonne action, puisque les mathématiques restant ce qu’elles sont, il fallait bien que l’un de nous s’en prive.

De cette journée, je conserve étonnamment le souvenir d’un goûter merveilleux à 17h ; les barres chocolatées du distributeur peuvent avoir des saveurs insoupçonnées qu’on a parfois tort de prendre de haut.

 

Et surtout, surtout, je conserve une indéfectible affection pour ces amis qui ont su ne pas s’arrêter au paraître, ne pas s’inquiéter des détails, parce qu’au fond ce qui fait le prix du temps qui passe n’est pas dans l’objet, mais dans l’échange, pas dans la table, mais dans la tablée. De ma vie, je le jure, jamais riz ne fut plus savoureux que ce riz-là. Encore merci à vous deux, qui me pardonnerez les déformations légères (?) de la réalité : aux sourires qu’elles permettront vous lirez le moyen que j’ai trouvé pour vous exprimer ma gratitude.

Publié dans les Humains, les autres et moi | 1 commentaire

Pour en finir avec notre culpabilité à nous les hommes !

Ce billet pour répondre sérieusement à l’humour par l’humour :
Question : quand une femme avorte, c’est un meurtre, quand un homme se masturbe c’est un génocide ?
Réponse : il n’y a que des victimes :
une femme qui avorte est la victime de ce qu’on lui a fait,
un homme qui se masturbe est la victime de ce qu’on ne lui a pas fait.
 
On y lira ce qu’on veut, à tous les degrés : toutes à vos bazookas, et les hommes aux abri !
Publié dans les Humains, les autres et moi | Laisser un commentaire

Tao-tö king, livre sacré de la Voie et de la Vertu

 

Pour reprendre la 4ème de couverture, l’objet de ce livre est de "réconcilier les deux principes universels opposés : le yin, principe féminin, lunaire, froid, obscur qui représente la passivité, et le yang, principe masculin, qui représente l’énergie solaire, la lumière, la chaleur, le positif. De leur équilibre et de leur alternance naissent tous les phénomènes de la nature, régis par un principe suprême, le Tao."

Une religion est née de ces écrits, le taoïsme. Hors de tout prosélytisme, je vous invite à lire ce livre pour 2 raisons :

– la première, c’est l’art de l’économie du mot. Si comme moi vous avez été tenté de taquiner la plume pour écrire des nouvelles ou des textes de chanson ou de poésie, vous savez comme il faut penser loin loin pour que l’image d’une phrase ou d’une juxtaposition de quelques mots ouvrent grand le champ du message. Là, quelle réussite ! C’est un objet littéraire achevé.

– la deuxième, c’est la profondeur des pensées qui sont derrière. Je rapproche cela d’une phrase de André Frossard qui, rencontrant le pape, est saisi par la portée de ses paroles, et comprend que c’est parce qu’elles ont été priées bien avant d’avoir été dites (je ferai un billet sur ce thème, il y a matière).

Je ne résiste pas au plaisir de vous y faire goûter et de secouer un peu notre pensée :

 

chapitre XLVIII

Celui qui s’adonne à l’étude
Augmente de jour en jour
Celui qui se consacre au Tao
Diminue de jour en jour.

Diminue et diminue encore
Pour arriver à ne plus agir.
Par le non-agir
Il n’y a rien qui ne se fasse.

C’est par le non-faire
Que l’on gagne l’univers.
Celui qui veut faire
Ne peut gagner l’univers.

 

A votre avis, je l’envoie à Sarkosy ?

Pour aller plus loin, je vous propose cette piste de réflexion : ce n’est que par l’étude qu’on peut parvenir à diminuer. Y compris dans un système où l’on aspire à être touché par la grâce, solution immanente hors de tout processus d’apprentissage, la seule action humaine qui porte espoir reste l’étude. Que l’on gagne l’univers par le non-faire, peut-être, par la non-étude je ne crois pas.

A vous de poursuivre…

Publié dans les Humains, les autres et moi | Laisser un commentaire

le Choral du Veilleur

 
Bach composa en 1731 la cantate dite "du Veilleur", oeuvre liturgique dont le nom provient du thème littéraire, qui s’inspire du Cantique des cantiques (Ancien Testament) : les soldats, qui veillent du haut des remparts de Jérusalem, réveillent les vierges sages de la cité sainte car de la colline de Sion vont arriver les beaux guerriers qui les prendront pour fiancées. Le plan de la cantate est le suivant :
  1. CHŒUR : Réveillez-vous, appelle la voix des veilleurs.
  2. RECITATIF : Voici venir l’époux
  3. PREMIER DUO : L’attente
  4. CHORAL : Sion entend chanter les veilleurs
  5. RECITATIF : Pénétré en ma demeure
  6. DEUXIEME DUO : Mon ami est à moi
  7. CHORAL FINAL destiné à l’assemblée : chant de louange

Le choral final permettait la participation de l’assemblée au chant. Le choral du veilleur est la partie centrale de l’oeuvre.

Bach devait fournir une cantate pour chaque dimanche et jour de fête, recopier les parties vocales et instrumentales, faire répéter les chœurs et l’orchestre et diriger l’ensemble pour l’office du dimanche. Il en composa ainsi plus de deux cents, dont certaines ne servirent qu’une seule fois à la liturgie.
Sur ce clic, une adaptation de la cantate pour quatuor trompettes / trombone / tuba, avec écoute possible (synthétique, n’espérez pas vous faire plaisir…).
Sur celui-ci, une vidéo extrait de la cantate. Appréciez la finesse de l’interprétation.

 

Publié dans Musique & poésie | Laisser un commentaire