Chroniques Amygdaliennes

"je veus qu’on m’y voie en ma façon simple, naturelle et ordinaire, sans contantion et artifice : car c’est moy que je peins. Mes defaults s’y liront au vif, et ma forme naïfve, autant que la reverence publique me l’a permis"  –   Montaigne
Il me fallait une caution morale de cet ordre pour pouvoir décrire par le menu, dans ce qui suit, les tribulations d’un petit homme de trente-six ans au travers d’une amygdalectomie. Rien que le mot fait peur. En gros, 2 petites éponges à caca au fond de la gorge, grosses comme une noisette, mais toutes molles et pleines de fentes — un docteur dit "cryptiques", ça sent déjà la mort ! — qui font que tu as des angines, et que tu pues du bec régulièrement parce que ces deux éponges-là produisent du caseum, de petites boules blanches qui se détachent de temps en temps et puent très fort.
Mais voilà ! La décision est prise, tout ça c’est fini : je me fais opérer ce vendredi matin.
 
Chapitre 1 – la préparation
 
Ca commence le jeudi midi, à Paris, avec un collègue : je m’enfourne une pizza monstrueuse, gorgée de pili-pili, histoire de faire le plein de souvenirs pour la semaine –voire les deux, mais je ne me l’avoue pas trop — qui vont arriver.
Le soir, retour à Bordeaux, arrivée 22h30 à la maison, le temps d’un petit casse-croute que tu charges un peu plus que d’habitude parce qu’il faut être à jeun à partir de minuit, les derniers mails du boulot, défaire / refaire la valise, il est 1h40. Au dodo.
Le lendemain, réveil à 6h30 pour aller prendre le train à St André à 7h03 : oui, la dernière fois (opération de la cloison nasale en avril) j’y suis allé en voiture et j’ai eu un accident sur le pont d’Aquitaine, plus la galère pour qu’on vienne me chercher après l’opération en ramenant la voiture, donc plan B adopté. Là, tu es penard dans le train, à la gare St Jean à 7h35, tu prends un tram pour les Quinconces + 10 minutes à pied tranquille : me voilà à 7h50 à la clinique.
Tout va bien, tu es connu du vigile à l’entrée (lui dites pas que je l’ai appelé comme ça, elle le mérite pas mais je trouve ça rigolo). Tu patientes et rencontres le Cerbère : vu le démarrage, tu crois qu’elle va essayer de te fourguer une assurance multi-habitation garantie décennale conventionnée CPAM, mais non : elle te fait un dossier tout comme il faut, parce que tu avais tout bien préparé quand même… notamment ton chéquier.
8h45, te voilà enfin dans ta chambre : douche à la bétadine, tu frottes bien partout parce qu’on sait jamais, dès fois qu’ils se trompent et qu’ils ne s’arrêtent pas à la bouche au moins ils pourront rien te reprocher. Cette fois-ci j’avais bien prévu la serviette de toilette pour m’essuyer : ben oui, ici t’es pas à l’hotel, c’est à toi d’emmener shampooing et serviette de toilette. Sinon ça aurait été comme l’autre fois, c’est la taie d’oreiller qui y passait… Nu comme un ver tu enfiles la chemise fournie pour le bloc, genre tablier de cuisine tout bleu, puis tu t’allonges sagement. Là tu sonnes comme on t’a dit de faire quand tu serais prêt : c’est pas le Cerbère, c’est sa soeur, et tu vois bien dans son regard qu’il faudra pas que tu appuies sur ce bouton trop souvent… mais bon, après les 1ères explications, ça va : tu peux rester. Ouf.
9h45 : une gentille sorcière t’amène un cachet pour te détendre, tu refoules vite un souvenir de Blanche-Neige et les 7 Nains et tu le prends gentiment. C’est pour détendre, et ça détend : tu t’endors comme un bébé.
10h20 : tu te réveilles, et soudain la pensée horrible que l’effet du cachet vient de passer dans ce gros dodo : donc trop tôt ! Tu vas arriver complètement crispé en salle d’opération…
10h25 : on vient te chercher ! tu montes sur un lit de transport, en faisant attention de ne pas te coincer le zizi dans les roues (eh oui les gars, moi j’ai ce problème…). La nouvelle s’est répandue : pendant que les infirmières te félicitent et sont toutes gentilles avec toi, un mec au regard antipathique et jaloux te trimballe jusqu’à la salle d’attente du bloc opératoire.
 
Chapitre 2 – le bloc opératoire
 
Au salon du bloc, toujours allongé sur ton lit, tu écoutes d’une oreille distraite les discussions des infirmiers / infirmières entre eux, pour constater que tire-au-flanc est une activité qui frappe tous les métiers, ainsi que petits potins et vieux ragots. Toujours persuadé que tu n’aurais pas dû dormir et que tu vas le payer cher, une anesthésiste (du moins elle dit qu’elle l’est : t’as bien pensé à lui demander sa carte professionnelle pour vérifier, mais tu sens bien que la machine est en marche et que tu ne vas plus rien contrôler, et puis tu t’es dit qu’il fallait pas se la mettre à dos…) te tapotte doucement le poignet, avant de te le perforer gentiment, tout en sourire, avec une aiguille dont l’origine remonte sûrement au nettoyage du fût des canons, sauf que maintenant c’est en inox. Là, vu la douleur (tu t’es souvent fait piquer et c’est la 1ère fois que ça te fait si mal), tu réponds à son sourire par une grimace du meilleur effet, qu’en langage universel on traduit généralement par "P… de B… de M… tu pouvais pas faire un peu attention, c’est mon bras nom de D… c’est pas du cassoulet !!!" Elle, sûre de son bon droit, t’explique pendant 5 minutes que non, t’as pas si mal en fait, et que ça y est c’est fait. Voilà, c’est prouvé tu ne maîtrises plus rien.
On en profite pour te greffer ton compagnon des jours à venir : un magnifique sac plastique transparent accroché à un porte manteau de luxe version design simplissime, qui vont t’accompagner partout. Au bout de 13 secondes, tu renonces à engager la conversation avec lui : non, tu seras vraiment tout seul désormais.
Ton chirurgien et néanmoins docteur vient te faire un petit coucou. Il constate que tu n’as pas ton chéquier et repart vaquer à ses occupations… (non allez, je déconne, vous fâchez pas doc).
1/2 heure plus tard, c’est parti : on te conduit au bloc. Il y fait froid, mais bon t’es au courant pour le trou de la sécu alors t’ose rien dire. Là tu retrouves ton chirurgien qui bâdine avec le petit personnel : bon, tu sais pas si c’est bon signe (au moins ils vont se parler pendant l’opération) ou mauvais signe (ils vont au moins se parler pendant l’opération). La prétendue anesthésiste te propose un petit shoot à l’oxygène, ma foi on n’est plus à ça près. Pendant ce temps on te met un drôle de produit dans la perf, tu sens le froid progresser dans ton bras (ça c’est pas très agréable). L’infirmière te lance des "bonne nuit" insistants, là aussi tu hésites sur le sens… Le produit arrive à l’épaule, là je m’endors complètement.
  
Chapitre 3 – Le réveil, la chambre
 
Quand je reviens à moi, je suis dans une autre salle, espèce de gare de transit où nous sommes plusieurs lits côte à côte, sous la surveillance de machines et d’infirmiers. Je me redresse : bof, rien d’intéressant. Je me recouche aussi sec, et prend le parti de me rendormir pour quelques minutes encore.
1/2 heure après, même jeu. Encore après. J’ai fini par remarquer qu’ils aiment pas trop quand je me redresse, alors évidemment j’y mets tout mon coeur. Bon, au bout d’un moment ils ont plus envie de jouer : on te débranche les électrodes (ah oui, j’en ai pas parlé… ce sera la surprise 😉 ) et on te remonte dans la chambre. Là tu te transbahutes sur ton lit (Aïe ! Voilà, dès que tu fais pas attention…). Nous sommes vendredi 16h30 environ. De là à dimanche matin, ce sont des périodes de sommeil et de veille qui s’enchaînent, plus ou moins longues, dans une espèce de continuité vague, le point commun qui en fait l’homogénéité étant la gène que procure la gorge.
Gène, mais pas douleur : les puissants médicaments de la perfusion agissent bien, et par chance j’ai très bien réagi. Aussi je n’ai eu que très peu mal : seulement quand j’avale — et là, rien ne passe sans faire mal, pas le moindre petit filet de salive.
Mais voici la 1ère nuit qui arrive, et là se font les vraies découvertes.
La 1ère, c’est que tu t’aperçois que le docteur a profité de ton sommeil pour te rectifier un peu le sourire, en l’allongeant sur la commissure droite de 2 centimètres… ouïeouïeouïe, t’as presque plus mal ici que dans la gorge.
La 2ème, c’est que tu ne peux pas te moucher, parce que l’oedème au fond de la gorge vient obstruer l’arrivée d’air vers le nez à l’intérieur. Du coup, quand tu mets en pression la gorge, hop l’air sort par la bouche. Donc tu peux pas te moucher.
La 3ème, c’est que pourtant t’as besoin de te moucher, vu que ça n’arrête pas de couler de ton nez vers l’arrière de la gorge, là justement où il faudrait que rien ne passe !
==> Résultat : tu ne peux pas dormir allongé sans devoir respirer par la bouche, ce qui est assez douloureux dans la situation. Heureusement, le lit est à dossier repliable, avec commande électrique en plus ! Tu joues donc pendant 2-3 heures avec, pour comprendre que pour espérer respirer par le nez, il faut dormir assis…… D’abord, je ne veux pas m’y résigner, puis à 2h du mat je vois que je n’ai pas le choix, j’essaie jusqu’à 4h30, et c’est dans cette position que j’arrive à comater un peu pendant 40 minutes à 1 heure. Ce sera tout pour cette nuit…
Le lendemain, je comprends après discussion avec le docteur que si le nez coule autant, ce n’est pas dû à l’opération mais à une rhinite que je couvais avant ou que j’ai attrapée dans la clinique… mauvaise nouvelle. Je me soigne le nez avec du produit fourni par l’hopital, mais grosso modo, tout le temps que je vais passer allongé à essayer de dormir, je le passe en fait à avaler le truc inavouable que si tu t’appelles pas Britney Spears on te pardonne pas de le sortir en plein interview filmé… berk  Au final, cela ne s’arrêtera que lundi 12h : d’ici là le mal sera fait, je me suis bien irrité l’arrière-gorge, qui devient ultra-sensible.
 
Samedi matin : allez, les médicaments perfusés sont quand même top. Je décide de me raser et me doucher. Petit écueil à contourner : il faut sortir la manche du porte-manteau qui est relié à ta perf dans le bras. Seule façon : décrocher les 3 poches suspendues, pour les faire passer dans la manche (mais dans le bon sens !), puis les raccrocher sur le porte-manteau sans faire de noeud avec les tuyaux d’à côté…. Au bout d’1 minute je suis mort de rire ; au bout de 3 minutes je me dis que c’est un défi pour un technicien comme moi, au bout de 10 minutes j’ai failli crié "MacGyver à l’aide !"… Mais bon, ça y est, c’est ok !
Du coup la douche est un vrai bonheur… Je décide de m’habiller avec mes propres vêtements, pour me sentir mieux. Dont un t-shirt : le sketch recommence, mais dans l’autre sens ce coup-ci !
 
Un samedi peinard, alternant micro-sommeil et lectures. Juste, au repas de midi, on m’apporte viande avec sauce au poivre, petits légumes et pates : il y a erreur, normalement je tourne à la purée et la glace ! J’essaie quand même (c’est là que je vous dis que les médicaments en perf sont tip-top : quand j’essaierai chez moi de m’attaquer à beaucoup moins risqué, ça n’ira jamais aussi bien !) mais je renonce. De toute façon je n’ai pas faim.
 
Le doc me confirme que je dois pouvoir sortir le lendemain dimanche en fin de matinée : tout va plutôt bien. Une visite de ma petite famille chérie le soir me remet aussi du baume au coeur, malgré la fatigue.
 
Nuit de samedi à dimanche : même gymnastique pour dormir assis, en se bloquant la tête avec le traversin, la serviette de bain… même réussite !
 
Dimanche matin, Carine vient me chercher : c’est le départ, qui me fait bien plaisir.
 
 
Chapitre 4 – Le retour à la maison
 
Une fois le 1er repos pris, Carine trouve une pharmacie de garde pour récupérer les médicaments. Je les attends comme les clés de la délivrance. Il me faudra jusqu’à la nuit de jeudi à vendredi pour comprendre que l’efferalgan codéiné m’agresse la gorge et me provoque des saignements. Il est en cachet effervescent : même en remuant comme un sauvage à la petite cuillère, façon Rahan dans le ventre du loup, ou petit patron dans l’oeil du contrôleur fiscal, il reste une acidité, ou alors une réaction allergique ? Je penche plutôt pour l’agressivité du médicament sur la gorge abimée par la rhinite.
En attendant, j’essaie de dormir : calvaire. La nuit de dimanche à lundi est quasiment blanche : lundi matin, après une sortie pour prendre l’air frais, je retourne au lit et reste blotti au chaud enfoui sous 2 pulls et au fond de la couette. Sans dormir vraiment, ce sera durant ces 3 heures que le nez va se vider complètement, et que je vais enfin pouvoir respirer… et dormir. J’en profite toute la journée les lundis et mardis. Plus généralement jusqu’à vendredi matin inclus je passe la matinée au dodo. Toutes les nuits je me réveille 1 ou 2 fois sous la douleur. Notamment, il m’arrive de me réveiller couché de travers en train de respirer par la gorge : là c’est le pire, la douleur est vraiment bien là… je me précipite sur les mesdocs : il me faut 1/4 d’heure montre en main pour avaler un 1/2 verre d’eau, mais ils s’avèrent efficaces contre la douleur le temps de leur action, soit de 2 à 4 heures.
J’ai pris mes quartiers de malade dans le canapé, parce que je fais tellement de bruits et de mouvements pour m’endormir et dans le courant de la nuit que je ne me sens le droit d’imposer ça à personne ! Des fois j’ai l’impression que même le cochon d’inde en a marre de m’entendre râler…
Le tournant, c’est la nuit du vendredi au samedi : je ne me réveille pas. Le matin, la douleur n’a pas l’envahissement des matins précédents. C’est acquis, le plus dur est derrière moi désormais.
Côté repas, c’est pas brillant non plus. Je m’attaquerai sans succès à divers potages, purées, mixtures… Le fait est que j’ai perdu 4 kilos en une semaine, avec un sentiment de faiblesse croissant, qui m’a inquiété un peu parce que j’avais l’impression de ne pas être sur un chemin de guérison. Le top, c’est un rêve fait une nuit d’un repas avec l’équipe de travail à Bordeaux : dans un cadre somptueux, 2 de mes collègues nous amènent sur un grand barbecue roulant des pièces de boeufs somptueuses, dont je me sers avec des frites maison de la taille d’un quart de patate…. j’en salive encore rien qu’au souvenir de ce rève ! Je me suis promis une revanche pas piquée des vers quand ça ira mieux  ! Si ça a lieu, ce pourra sûrement faire l’objet d’un billet à part entière !
 
Epilogue
 
Globalement, la douleur opératoire est tout-à-fait acceptable dans mon cas : la vraie douleur aura provenu de l’irritation de l’arrière-gorge suite à la rhinite. Je n’aurai jamais eu faim : par contre, une vraie envie de manger ce que j’ai pu voir défiler dans les assiettes de mes enfants ou de Carine. Le mieux reste le lait, avec du sirop de menthe, mais pas de chocolat en poudre, c’est trop aggressif. De même, aucun jus de fruit ne passe. L’ananas m’a carrément cloué. Les soupes mixées idem : il ne faut rien à base de légume frais non plus, ils ont toujours une petite acidité qui ne pardonne pas. On a même essayé de mixer une 1/2 banane avec une 1/2 poire : ça sentait très bon, et je n’ai pas pu aller plus loin que la 1ère gorgée. Pourtant banane et poire ne sont pas réputées acides ! Le mieux, que je conseille à tous, c’est encore le lait froid, éventuellement avec du sirop de menthe ou équivalent. C’est le seul aliment suffisamment doux que j’ai pris sans augmenter la douleur.
 
 
Revue chronologique
J’ai tâché de tracer les premiers jours du retour à la maison par événement : permet de compléter rapidement le déroulement-type.
 
— Lundi —
  3h – efferalgan codéiné
  7h15 – feldene – sorti prendre l’air, + dodo jusqu’à 12h15
13h – efferalgan codéiné – "repas" jusqu’à 15h
16h30 – récup des enfants à l’école : 2 pulls et une haleine à faire vomir le chinois champion du monde de bouffe de hot-dog en chronométré.
17h – tentative de bain de soleil – dodo jusqu’à 19h
19h – repas : 1 verre d’efferalgan codéiné + 5 à 6 cuillerées de soupe.
23h30 – efferalgan codéiné
 
— mardi —
  2h20 – efferalgan codéiné, douleur.
  7h15 – réveil, douleur. Feldène, redodo.
13h – efferalgan codéiné, repas
17h30 – 18h : dodo complet.
19h30 – efferalgan codéiné
23h30 – efferalgan codéiné
 
Ci-dessous un petit aperçu de ce qui constituait ma bouche à ce moment-là. Les tissus blancs, au fond, sont les éléments cicatrisants que le corps produit pour soigner tout le toutim.
 
 c’est pas beau, hein…. boerk. Caca. Pis ça pue dans la bouche….
 

— mercredi —
 4h – réveil bouche ouverte, grosse grosse douleur, à 2 doigts d’appeler le doc.efferalgan codéiné. saignements de bouche
 6h – réveil, encore bouche ouverte. C’est l’oedème qui bloque la respiration encore. rève d’un repas viande rouge / frites. efferalgan codéiné.
 8h20 – réveil, Feldène. Grosse douleur aux oreilles
12h – efferalgan codéiné, une cuillère à soupe de brandade de morue (l’éclate totale), que j’agrémente d’un peu de jus du poisson à la bordelaise dont s’empiffre Carine à côté de moi… je me vengerai un jour, comme dans la pub de la MAAF, avec le même regard méchant.
17h – 19h : je m’offre une sortie Solfège au Conservatoire, pour la 1ère fois de l’année. j’arrive à chanter un peu, et je constate une fois de plus la profondeur et l’immensité de mon inculture auditive. Le travail qui reste à faire me fait toujours aussi peur, mais bon, pas le choix.
19h30 – retour à la maison, avec une voisine qui s’est réfugiée chez nous parce que son courageux alcoolique de fils a tâché de lui foutre une trempe… Carine avec la gendarmerie en ligne, une gendarmerie toujours au sommet de l’engagement pour le bien-être de la population ("faut pas qu’elle rentre chez elle, mais attendez demain matin parce que là on peut rien faire"). Le départ du fils alcoolique permet à la situation de rentrer un peu dans l’ordre.
20h15 – repas "sommaire" : j’arrive toujours à rien avaler. 1/4 de yaourt, un petit pot de glace.
23h15 – efferalgan codéiné
00h30 – extinction des feux.
 
— jeudi —
  3h30 – douleur, réveil. je décide d’appeler le doc pour continuer le feldène (normalement, aujourd’hui le dernier jour) + changer l’efferalgan codéiné par moins agressif, je sens que ça ne convient pas à ma gorge blessée. J’invente le cri de ralliement officiel de la tribu des amygdalés : "SSUUPPPPOOOO !!!"
  4h – un 1/2 verre de lait
  7h45 – réveil, super-douloureux. pas capable d’envisager un petit-déj, déjà le médoc….
  9h – appel doc ==> poursuite du feldene jusqu’à samedi max, et si samedi ça ne va pas mieux je vais le voir.
10h – 12h – dodo. Cauchemar : pour une bétise de bol renversé, je bats mon fils Hugo coincé dans un angle, coups de poing / coups de pied… cauchemar horrible, je lui en parle et lui promet que ça n’arrivera jamais !
15h – repas… ou tentative.
21h : UN OEUF ! A la coque, et à la petite cuillère. Je frise l’orgasme de Ste Geneviève touchée par la grâce.
22h50 : un efferalgan codéiné ouvert 2h avant pour le laisser s’aérer un maximum : pas tellement plus simple à avaler.
 
grosso modo, le repas-type, c’est ce que vous voyez-là, sachant que je n’en mange que la moitié :
 
 
— vendredi —
 3h30 – douleur, efferalgan codéiné, saignements. J’établis définitivement le lien entre le saignement et la prise de médicaments. C’est le dernier efferalgan codéiné que je prends.
 7h50 – lever, je prends le Feldène, ce sera également la dernière prise.
 9h30 – doliprane 1000 en sachet à diluer. Ca marche pas trop mal, et puis la douleur s’atténue également.
12h-15h – repas : grignotements qui me rapprochent d’une activité alimentaire normale, mais me rapproche seulement hein ? Fantasme d’un bout de pain craquant.
20h30 – décision d’aller à l’Harmonie pour me changer les idées. Là ça se passe plutôt bien : et même, le fait de mettre en pression la gorge, en opposition au gonflement des tissus, je me demande si c’est pas un bien. Quand même à la fin il est temps que ça s’arrête. Après la répét, comme souvent une occasion de rester à papoter : les 18 ans de Maelle, qui a amené des gateaux… tant pis, pour ce soir ce sera sans moi !!
00h30 – dodo : et c’est une 1ère nuit sans réveil au milieu que j’enchaîne. Réveil seulement à 6h50 (par Olivier…) : fin de la période de galères.
 
 

A propos anthonypace33240

curieux de tout ou presque, qui aime la musique, les gens, et la vie !
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5 commentaires pour Chroniques Amygdaliennes

  1. Unknown dit :

    bonjour je viens de voir ce blog par "mise à jour" et j\’ai lu
    pardon…. mais j\’ai rigolé oups!! pas drôle comme opé, mais tellement bien raconté que je ne pouvais pas partir comme une voleuse sans laisser de com
    donc! bon rétablissement et vivement le steack frites 😉
    SAN
     

  2. poups dit :

    J’ai moi aussi du caseum et je pense sérieusement à faire cette opération, alors je suis tombé sur ton article par hasard et j’me suis dit « j’vais pas lire tout ça quand même!! », j’ai commencer et j’ai pas réussi a m’arrêter. ^^ j’ai adorer (même si comme le dit Unknown c’est pas drôle mais on peut pas s’empêcher de rire un peut quand on lie ton texte). enfin tout sa pour savoir si le caseum revenez ? si c’est vraiment utile de passer par tout ça pour au final n’arriver a rien ?! 😮

    • plus aucun problème ! Ca a résolu effectivement tous les petits désagréments qui m’avaient amené à l’opération : caseum, gènes diverses… pour moi en tout cas, c’est nickel maintenant. Donc : courage !

  3. Coraline dit :

    Je viens de retrouver un mail avec ce blog en lien…et par la même occasion cet article.

    Je suis moi aussi passée sur le billard il y a deux semaines pour une amygdalectomie consécutive à un phlegmon (merci l’ORL de n’avoir rien diagnostiqué à temps quand je me plaignais de douleurs gorge-oreille…). Ton récit me rappelle bien ce que j’ai vécu, sauf que moi j’ai souffert davantage : les « effets secondaires » rares ont été pour ma pomme : hémorragie à J+4 : de quoi revenir aux urgences à 2h du mat’ avec une bassine remplie de sang où le doc du SMUR, en plus de ne pas te regarder du tout après une attente de 3h, pour rester 2mn (si si ! c’est écrit sur la feuille !) se fout de ta gueule parce que te vider de ton sang et te sentir partir t’a fait peur, et te conseille d’arrêter tous les médocs et « d’attendre que ça passe ! » (IL S’EST DEJA FAIT OPERER DES AMYGDALES LUI ???) ; aphonie totale pendant 5 jours, nausées/vomissements les premières heures car j’ai pas supporté le Topalgic (super les vomissements quand tu sors de l’opération…), douleurs intenses encore presque deux semaines après, etc… Comme toi les réveils archi-douloureux après une « nuit » quasi blanche, le suppo salvateur qu’on n’a pas jugé utile de te prescrire dès le début (on a préféré les comprimés de la taille d’un cornichon à l’heure où la moindre gorgée d’eau te fait sauter au plafond), l’haleine fétide à faire pâlir un cadavre, le rêve de la pièce de bœuf/frites que tu vois passer sous tes yeux sans pouvoir y toucher, les pots divers et variés plus ou moins improvisés auxquels tu ne peux absolument pas participer, et cette promesse de vengeance prochaine…
    Moi j’ai eu droit à l’anesthésie par masque (en entendant les plaisanteries des infirmiers (« On lui met le harnais pour l’opération ? »)), assez sympa quand tu sens que ta tête commence à tourner, que tes pieds/jambes ne te répondent plus, et que tu vas t’évanouir dans les secondes à venir. Puis au réveil la « déperfusion » (??) effectuée par erreur, donc re-perfusion, et deux fois car l’infirmière s’est ratée donc changement de poignet, j’en ai encore les marques…

    Si j’avais lu ton article un peu plus tôt, j’aurais été plutôt rassurée. Mais je n’aurais pas évité le pire pour autant.
    Enfin, je pense et j’espère que tout ça n’est plus qu’un mauvais souvenir maintenant. Les dernières douleurs devraient disparaître rapidement.

    Sur ce, j’espère que tu vas bien.

    Bise,

    Coraline

  4. Coraline dit :

    Et en bonus, l’impossibilité de jouer de la flûte pendant la période des diverses Ste Cécile…cadeau !

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